• Editorial
22/08/2008

Le temps de la volatilité et des excès

Mais tout d'abord, parmi le flot des mauvaises nouvelles qui ont emporté les indices boursiers sur leur passage, il y a évidemment la décélération très nette de l'activité aux États-Unis, la baisse de la confiance des consommateurs, celle des prix de l'immobilier qui se poursuit outre-Atlantique… Il y a également, toujours du mauvais coté de la balance, le recul des résultats des entreprises américaines au quatrième trimestre (de l'ordre de 21%) en raison de la chute des profits des banques. Sans tenir compte des résultats de ces dernières, les sociétés américaines ont vu leurs profits s'accroître de 11 %.

Au moment où la récession menace aux États-Unis, les actions des banques centrales sont assurément déterminantes pour éviter un plongeon des économies du G7. La forte réduction des taux de la Fed -1,25 % en quelques jours - constitue à cet égard un élément positif pour le rythme de l'activité à moyen terme mais aussi une bouffée d'oxygène destinée au soulagement immédiat du système bancaire. La réaction en chaîne amorcée avec la crise des subprimes en est freinée d'autant, même si les incertitudes demeurent sur les engagements exacts des rehausseurs de crédit, ces assureurs en dernier ressort de produits structurés émis par les banques. Les investissements en infrastructure des pays émergents sont également un facteur de soutien de l'économie mondiale.

À court terme, tout laisse à penser que les marchés dans leur ensemble (actions, taux, devises, matières premières) resteront nerveux et volatils. La fragilisation du système financier et la déprime de l'économie américaine pourraient néanmoins être contrebalancées à terme par les éléments encourageants que constitue la baisse des taux de la Fed et un afflux de liquidités important. Sur les marchés d'actions, les valorisations des entreprises deviennent attrayantes, historiquement parmi les plus faibles des dix dernières années.

La forte baisse récente crée des opportunités d'investissement saisies par les fonds supranationaux, les fonds de pension ou encore les industriels, à l'image d'un Microsoft intéressé par Yahoo ! Ceux-ci font ainsi un retour très remarqué sur les marchés. Opérations de recapitalisation dans certains cas, de croissance externe dans d'autres, ce regain d'intérêt des investisseurs de long terme est de bon augure.