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19/07/2010

La généalogie, mode d'emploi

La lettre d'information - juillet 2010

Dans un monde où perte de repères comme de valeurs et individualisme se manifestent quotidiennement, force est de constater que la famille au sens large a, plus que jamais, sa place. Si l’on cherche en permanence à anticiper l’avenir, pourquoi ne pas se « poser » pour étudier son passé ? Explorer les couloirs du temps, un loisir qui peut se transformer en passion !

A l’évocation de la généalogie, chacun à son avis : rébarbative pour certains, passionnante ou utile pour d’autres, elle correspond à l’étude et à la connaissance de l’origine et de la filiation de nos familles. Flaubert écrivait : « bien des choses s’éclaireraient si nous connaissions notre propre généalogie ». Au fond, connaissons-nous vraiment l’origine de notre famille ? N’a-t-on pas tous rêvé, au moins une fois, d’imaginer les temps passés où nos aînés vivaient, de retrouver des ancêtres ou encore de compléter le tronc et les branches d’un arbre généalogique afin de laisser aux générations vivantes ou à venir la connaissance de leur famille.

La généalogie se pratique sous deux formes. La première, plus fréquente, « ascendante », est la quête des ancêtres disparus. On se concentre alors sur l’origine de la famille, la recherche de ses racines en sachant qu’on aura comme unique choix l’acceptation des aïeuls ! La seconde, « descendante », s’intéressera aux cousins vivants, descendants des frères et sœurs de nos ancêtres. L’une et l’autre aboutiront à un voyage tant culturel que sociologique et géographique dans le temps, sachant qu’à chaque génération, le nombre d'ancêtres double. Ainsi, mathématiquement, chacun d’entre nous a plus de 250 ancêtres qui vivaient à la révolution !
Les registres paroissiaux, premiers documents officiels réunissant actes de baptême, mariage et décès, n’apparaissant qu’en 1580, l’objectif de retrouver ses aïeuls jusqu’à ce siècle semble ainsi déjà ambitieux et nécessitera probablement des compétences de paléographe pour déchiffrer certaines écritures anciennes !

Mais comment se lancer dans la généalogie ? Convaincu d’une telle démarche, il sera initialement utile d’y associer vos proches en vous armant de rigueur et de patience tout en sachant privilégier la tactique du petit pas qui permettra une progression par étapes. Puis, faites appel aux vivants, parents au sens large dont les plus anciens sont la mémoire vive de la famille, tout en collectant les diverses « archives » familiales (tableaux, photos, correspondances ou encore les livrets de famille qui ont été créés dans les années 1870 et qui réunissent trois générations…).

Les sources familiales épuisées, votre champ d’investigations devra ensuite s’élargir. Vous pourrez alors consulter l’Etat Civil (qui depuis 1792 consigne tous les citoyens quelle que soit leur religion), les archives notariales, militaires, religieuses, départementales, fiscales ou encore les listes électorales. De même, en étudiant les contrats de mariage anciens, vous découvrirez des informations qualitatives amusantes telles que les trousseaux, dots, ou encore à la lecture des testaments observerez les mentalités de l’époque. Quant aux inventaires de successions, ils sont également riches en informations. N’oublions pas que ces précieux « papiers n’étaient pas des papiers mais des vies d’hommes » (J. Michelet).

L’utilisation de l’informatique pour répertorier et classer les informations, et d’internet pour une partie des recherches, seront autant d’atouts indispensables pour mener à bien un projet généalogique. La règle d’or à appliquer dans votre démarche sera la vérification des informations, car la généalogie prend du temps et une fausse piste peut être préjudiciable. En cette période où l’on ne parle que de crises en tous genres, des centaines de milliers de français se passionnent pour la généalogie ; l’histoire des familles est donc bien une valeur en progression !

Thierry Du Pasquier, Président de COGEFI, spécialiste reconnu de la généalogie et auteur de nombreux ouvrages, se tient à la disposition de ceux d’entre vous qui auraient besoin de conseils.