• Editorial
19/04/2011

Des entreprises au rendez-vous de la reprise

La lettre d'information - avril 2011

Aujourd’hui encore, l’investisseur a fort à faire avec les évènements géopolitiques au Maghreb et Moyen-Orient, les difficultés de financement des états européens périphériques, la situation du Japon ou encore face à la perspective d’une pression fiscale accrue. Cependant il tourne éternellement son regard vers l’avenir.

Un bref coup d’œil sur le chemin parcouru est parfois utile. Le 9 mars dernier, la Bourse célébrait le deuxième anniversaire du plus bas de la crise des « subprimes ». Les actions européennes se sont depuis appréciées de plus de 75%, autant que Wall-Street ramené en euros. La palme revient aux actions des pays émergents mais, si les pays d’Amérique Latine ont très largement doublé en euro, l’indice de Shanghai n’a, lui, progressé que de 30%.

En Europe, les évolutions sectorielles ont été contrastées mais typiques de la croissance mondiale retrouvée avec les cycliques en tête du Top 5 (métaux, biens d’équipement et automobile) et un retour à meilleure fortune dans la finance (banque et assurance). En bas du classement, le Flop 5 et ses secteurs dits défensifs et domestiques (services publics, santé, télécom, pétrolières et distribution).

Dans le même temps, les performances obligataires ont été pour le moins très contrastées, marquant à la fois la fin de la grande période de désinflation et un financement à venir plus délicat pour les états. En revanche, les grandes gagnantes ont été les obligations d’entreprise.

Au bout de ces deux années, force est de constater que l’entreprise, comme l’agent économique le plus solvable, a été digne de la confiance de l’investisseur tant actionnaire qu’obligataire. Les profits se rapprochent de leur niveau de 2008 grâce à la croissance mondiale et à l’amélioration des marges. La rentabilité dépasse largement les niveaux d’avant crise. La marge nette de l’entreprise européenne médiane est ainsi en hausse de 1.3 point à 8.8%.

A nouveau tourné vers l’avenir, l’investisseur s’intéressera à la capacité bénéficiaire des sociétés ainsi qu’à leur valorisation en Bourse. Coté marge, il existe un risque important de voir une détérioration, conséquence de la hausse des prix d’approvisionnement (matières premières), du renchérissement du coût du capital anormalement bas du fait des politiques monétaires très accommodantes et, enfin, d’une probable redistribution « capital travail », y compris dans les pays émergents. Prosaïquement, pour les trimestres à venir, la hausse des profits viendra de la croissance des chiffres d’affaires attendue aux environs de 4% en 2011. Et pour 2012, on ne peut ignorer que les états surendettés ne manqueront pas de charger la barque fiscale… Pour 2011, la progression des bénéfices devrait s’établir proche de 15%. En dessous de 12 fois les profits, la valorisation apparait par conséquent comme toujours raisonnable.

Enfin, le retour des opérations de fusion-acquisition d’envergure avec des primes conséquentes nous le montre : il est temps à nouveau de faire preuve d’audace tout en limitant au maximum les aléas.

Rédigé le 15 avril 2011