• Editorial
22/01/2013

2013 : Le retour en grâce des marchés actions ?

La lettre d'information - janvier 2013

Dans un contexte économique mondial en phase de ralentissement et au regard des incertitudes politiques et institutionnelles majeures en Europe, l’année 2012 s’est finalement révélée de très bonne facture sur les marchés.

Si 2012 restera dans les annales, avec d’importantes avancées politiques d’intégration au sein de la zone Euro, le deuxième semestre fut, sans conteste, celui des banques centrales, BCE (Banque Centrale Européenne) en tête. En effet, face à la montée des risques systémiques, la BCE a joué un rôle déterminant en renforçant graduellement son interventionnisme afin d’éviter l’éclatement de la zone Euro. Compte tenu des atermoiements, de la lenteur politique et de la dégradation de la conjoncture, les annonces de la banque centrale ont permis le retour de la confiance et des investisseurs. Il s’est traduit par un fort rallye de l’ensemble des places boursières européennes, des dettes souveraines des pays périphériques et des dettes d’entreprises privées de toute nature. Du côté des marchés obligataires, 2012 a été un cru exceptionnel.

Dans ce climat de confiance restaurée sur les marchés, que peut-on attendre en 2013 ?

Le retour sur les fondamentaux macroéconomiques peut inciter à une certaine réserve. En effet, une reprise graduelle de l'activité devrait s'observer en 2013 dans la plupart des grandes économies (USA, Chine, Brésil…) confirmant un scénario de légère accélération de la croissance mondiale pour cette année. La zone Euro devrait pour sa part rester en récession, les mêmes causes produisant les mêmes effets. L’austérité budgétaire va se poursuivre et les ajustements en termes d’emploi, de crédit ou d’investissement ne sont pas terminés. Le point d’inflexion devrait cependant avoir lieu en 2013 et apporter un certain optimisme. Au niveau politique, le chemin vers les « Etats-Unis d’Europe » reste très long, semé d’embûches et de malentendus qui conduiront inévitablement à de nouveaux moments de tensions dans les années à venir.

Le contexte économique s’annonçant maussade, l’optimisme consensuel prévalant pour les marchés actions européens, avec des progressions attendues entre 5 et 15% sur 2013, laisse penser à un « colosse aux pieds d’argile ». Cependant, les raisons de partager cet optimisme pour 2013 existent et plusieurs éléments militent en ce sens. Les politiques monétaires vont rester très expansionnistes avec des taux proches de zéro dans les grands pays développés. La liquidité va également demeurer extrêmement abondante. Le risque d’éclatement de la zone Euro a drastiquement diminué, permettant aux investisseurs étrangers d’envisager à nouveau des investissements dans la zone et de relancer la thématique des flux. Les rémunérations offertes sur les marchés monétaires, obligataires, immobiliers… sont très faibles et ne sont pas sans risques compte tenu des niveaux atteints. Les sociétés du Vieux Continent, notamment celles exposées à l’international, continuent à faire des bénéfices et les niveaux de valorisation des marchés européens sont encore modérés. Au final, pour des investisseurs en quête de rendement, la classe d’actifs actions européennes est attrayante et présente peu d’alternatives.

Tout en étant vigilants, nous continuerons à mettre à profit cet optimisme, mais toujours de manière sélective, en favorisant majoritairement des sociétés de qualité, génératrices de croissance durable.

Rédigé le 16 janvier 2013