• Editorial
23/04/2012

Une météo de printemps plus instable

La lettre d'information - avril 2012

Après un début d’année qui a vu l’horizon s’éclaircir rapidement pour les actifs "risqués", avec des marchés actions en hausse de près de 7% pour l’indice Euro Stoxx 50 sur le premier trimestre et une forte baisse des primes payées par les entreprises privées sur les marchés de dette, quelques nuages apparaissent aujourd’hui à l’horizon.

Au niveau européen, au cours de ce premier trimestre, les marchés ont salué la disparition des risques extrêmes en zone Euro. Une meilleure cohésion politique, l’adoption par la plupart des pays de mesures d’austérité et de la règle d’or budgétaire, l’issue trouvée au règlement de la crise grecque, au moins pour un temps, et plus récemment l’accord sur le montant des pare-feux européens (FESF et MES qui cumulent 800 Mds d’euros) ont contribué à écarter les scénarios les plus noirs d’éclatement de la zone Euro. Par ailleurs, l’action de la Banque centrale européenne (LTRO), qui a accordé à deux reprises des montants illimités de liquidités aux banques de la zone Euro pour une période de 3 ans, a été déterminante pour la confiance des investisseurs.
Dans le même temps, l’amélioration de la croissance américaine toujours soutenue par la Fed a rassuré les investisseurs, et les publications et prévisions des entreprises traduisent une conjoncture modérée mais loin du trou d’air subi en 2008.

Cependant, à la suite de cette phase de normalisation des marchés, portée essentiellement par une baisse de l’aversion au risque et par des flux considérables de liquidités, une période de consolidation nous semble désormais nécessaire avant de pouvoir retrouver une trajectoire durablement positive.
En effet, après un focus exclusif sur la dette, la croissance européenne devrait être en point de mire. Compte tenu des cures d’austérité drastiques entamées et des nombreuses échéances électorales (Grèce, France, Rhénanie du Nord), la visibilité sur cette croissance n’est pas encore acquise. Il y a fort à parier que les marchés demandent à minima des gages de stabilisation de la conjoncture et de respect des objectifs de déficit public avant d’entamer un nouveau mouvement important de revalorisation des actions européennes. Cela semble d’autant plus probable pour les investisseurs étrangers à la zone Euro.
Dans le même temps, la conjoncture américaine qui devrait se révéler encore modeste dans les prochains mois, les craintes d’un freinage important de la croissance chinoise et le niveau élevé des prix du pétrole restent autant de sujets d’inquiétude.

Dans ce contexte, nous restons partisans d’une gestion flexible et active, considérant que les phases de replis seront de bonnes opportunités d’achat sur un horizon fin d’année. Cependant, tactiquement, à plus court terme, malgré la phase d’ajustement récente, notre allocation reste teintée de prudence, notamment dans le contexte des élections françaises. Nos critères de sélection de titres (actions et obligations) demeurent, nous privilégions les entreprises de qualité, créatrices de valeur dans la durée, exposées à l’international et particulièrement à la consommation émergente.

Rédigé le 13 avril 2012