Éditorial | 20/01/2026

La Lettre de Gestion Privée | Janvier 2026

2026 : une nouvelle année en or ?

En dépit de la volatilité, 2025 a été une année de records sur les marchés. Ces hausses ont été nourries par la politique monétaire accommodante opérée successivement par la BCE et la FED, ainsi que par la grande résilience de l’économie mondiale en dépit des tarifs douaniers de l’administration Trump.

Les investissements colossaux dans l’IA et les secteurs connexes ont sauvé l’économie américaine, tandis que le plan de relance allemand a renforcé les attentes de croissance en Europe. La versatilité de la politique américaine et les valorisations attractives en Europe ont de leur côté entraîné des flux vers les actions européennes. Les grands gagnants de 2025 ont été les valeurs cycliques, les actifs « value » et en particulier les secteurs des banques, de la défense, des matières premières, ainsi que les petites capitalisations boursières au positionnement géographique plus domestique. Les sociétés technologiques américaines ont également performé, mais de manière plus discriminée que par le passé. Enfin, dans un contexte géopolitique tendu, d’incertitudes politiques et budgétaires et de recul marqué du dollar, l’or a servi d’actif refuge et progressé de plus de 60% sur l’année.

Après un tel parcours, qu’attendre pour 2026 ? 

La politique monétaire sera un moteur moins puissant pour les marchés qu’en 2025. En Europe, les baisses de taux sont a priori derrière nous, l’inflation dans les services restant toujours un sujet d’attention pour la BCE. Aux États-Unis, le prochain président de la FED, arrivera en mai prochain, et le profil pressenti semble favorable à une politique accommodante. Deux baisses de taux sont actuellement anticipées par le marché. Ce scénario pourrait être contrarié par le risque inflationniste au cours de l’année, alimenté notamment par les tarifs douaniers, les tensions sur la main-œuvre résultant de la politique migratoire, ou encore la faiblesse du dollar. 

Si l’expansion des multiples de valorisation n’est plus forcément à espérer pour les actions en 2026, la progression du marché pourrait être alimentée par la croissance bénéficiaire des sociétés attendue toujours très solide (+14% aux États-Unis, +10% en Europe). L’économie mondiale en effet résiste bien, toujours par le biais des investissements dans l’IA, la défense ou les infrastructures, et grâce à une consommation encore dynamique. Dans l’IA, ces dépenses sont attendues en hausse de 40% en 2026, et ne resteront pas cantonnées aux techs au regard des besoins massifs en énergie, matériaux, métaux, gaz et équipements industriels, autant de secteurs qui continueront à être privilégiés dans notre gestion. A titre d’illustration, la hausse des dépenses, de l’ordre de 15% attendue en 2026 dans la défense allemande, contribuera à faire progresser son poids graduellement de 2% du PIB à 3,5% en 2029 ! 

Ainsi, les marchés devraient continuer sur leur lancée de 2025, tout au moins en début d’année. Cependant, l’intérêt d’une exposition aux valeurs américaines pour un investisseur européen pourrait être bridé par la poursuite de la pression sur le dollar (accroissement du déficit afin de financer le budget « One Big Beautiful Bill »), et par l’instabilité politique. Enfin, l’exposition au métal jaune reste pertinente, portée notamment par les achats records des banques centrales qui souhaitent diversifier leurs réserves de change.  

Source données chiffrées : Cogefi gestion | Rédigé le 14 janvier 2026