La Lettre de Gestion Privée | Juillet 2026
Des marchés animés par l'intelligence artificielle et l'inflation
A l’image de la progression de 13,6% du MSCI All Country au cours du 2e trimestre, certains marchés mondiaux ont enregistré une des meilleures performances trimestrielles depuis 2020.
Les relèvements des investissements dans l’IA et les situations de déséquilibre offre / demande dans les mémoires ont notamment tiré le secteur des semi-conducteurs fortement pondéré dans les indices. En parallèle, les espoirs de détente géopolitique en Iran ont permis un recul progressif des prix de l’énergie, et une normalisation des anticipations d’inflation, contribuant à une réduction de la prime de risque.
L’ampleur des relèvements des investissements dans l’IA des grands acteurs technologiques a été en effet massif au cours du trimestre, atteignant dorénavant plus de 700 Mds US$ pour 2026, soit près de 15% des investissements totaux réalisés aux États-Unis, contre 400 Mds US$ en 2025. Cela va de la construction de centres de données aux besoins croissants en semi-conducteurs ou de mémoire numérique, mais également en électricité et en infrastructures réseaux. S’il est encore prématuré d’évaluer les conséquences de cette révolution, tant en termes de rentabilité que de gains de profitabilité à l’ensemble de l’économie, l’intérêt des marchés s’est porté sur les bénéficiaires immédiats et directs de ces investissements. Ainsi, les fabricants de mémoires, comme l’américain Micron ou le coréen SK Hynix qui s’attendent à voir au minimum un quintuplement de leurs résultats en 2026, ont connu des performances historiques (respectivement +245% et +224% au T2), tirant le Nasdaq 100 et l’indice coréen Kospi à des sommets (respectivement +28,95% et +66% au T2). A lui seul, Micron explique 35% de la progression du Nasdaq 100 au 2e trimestre !
L’inflation, qui n’est d’ailleurs pas indépendante de l’essor de l’intelligence artificielle, a été l’autre débat majeur des marchés. Si la normalisation du conflit iranien a entraîné le recul des prix du pétrole, et donc immédiatement des anticipations d’inflation, les investissements majeurs de l’IA sont susceptibles de limiter cet effet dans la durée. A court terme, les tensions sur les coûts des matières premières et des composants électroniques se font sentir sur les prix à la production. En parallèle, plusieurs facteurs structurels limitent un retour à une faible inflation, c’est le cas notamment des besoins de réarmement des états consécutifs aux conflits mondiaux, mais aussi des besoins de transition énergétique.
Qu’attendre après un tel trimestre ? La progression des indices a été permise par un très petit nombre de valeurs bénéficiaires de l’IA, dont certaines intégrées dans nos investissements. En revanche, les secteurs traditionnels, potentiellement impactés par la hausse des prix de l’énergie et la remontée des taux associée, ont été laissés pour compte. Alors que des craintes émergent sur des excès éventuels d’investissements dans l’IA, nous pouvons envisager dorénavant un élargissement de la participation d’autres contributeurs à la hausse du marché. L’Europe, qui a été plus concernée par la crise énergétique, pourrait en bénéficier. Les valeurs portées par des moteurs propres sont également à regarder, telles que celles des secteurs de la construction ou encore des utilities.
Rédigé le 7 juillet 2026