Éditorial | 14/01/2019

 

les résultats et la politique, clés du marché

Conjoncture et marchés

La lettre de GESTION PRIVEE - janvier 2019

2018 a été marquée par la montée progressive mais puissante des risques tant politiques et économiques que monétaires. Les mesures douanières mises en place par les états-Unis et la Chine ont provoqué une décélération plus rapide que prévue de l’économie mondiale, impactant fortement à la baisse la valorisation des actifs. De plus, l’incapacité de l’Europe à se montrer unifiée, à se réformer et à résister face au ralentissement chinois, a accentué ce phénomène. Cela s’est traduit par des corrections significatives sur l’ensemble des marchés, quelle que soit la classe d’actifs. Ce mouvement a été accentué par la réduction des liquidités engendrée par le
durcissement des politiques monétaires des banques centrales, affectant particulièrement les actifs les moins liquides, tels que les petites et moyennes valeurs et le marché du crédit corporate.

Après une année 2018 qui laisse un goût amer, que peut-on attendre pour 2019 ? A première vue, les capacités de rebond des marchés semblent peu évidentes. En dépit des dernières publications macroéconomiques montrant une dégradation de la situation économique, particulièrement en Europe et en Chine, la récession annoncée par les cassandres est écartée. La croissance chinoise est attendue en hausse à 6%, celle de l’Europe à 1,6%, et des états-Unis à plus de 2% soutenue par l’important stimulus budgétaire de l’administration Trump. La fin de cycle approche mais n’est pas certaine! Les banques centrales américaine et européenne actent à leur façon ces ralentissements qui, associés à une inflation modeste, les poussent vers une inflexion de leur politique monétaire. Les marchés n’anticipent ainsi plus de hausse de taux aux états-Unis ni en Europe pour ce nouveau millésime.

Dans ce contexte, la prudence dans nos investissements reste de mise malgré des niveaux de valorisation dorénavant attractifs. Les principales énigmes résident dans la capacité des prévisions de résultats à se maintenir et dans l’appréciation et l’évolution du risque politique. Concernant les prévisions de résultats, les attentes de croissance bénéficiaire qui se sont ajustées autour de 8% devront être confirmées sous peine de déception. Sur le plan politique, les états-Unis comme la Chine ont eu connaissance des résultats néfastes de leur guerre commerciale sur leur économie respective plus vite qu’escompté. Aussi, sans avoir de visibilité sur l’aboutissement des négociations entre Pékin et Washington, il semble que le pragmatisme pousse les belligérants à trouver une issue pour mars, ce qui permettrait une revalorisation des marchés. De même un accord sur le Brexit pourrait également constituer un catalyseur positif pour l’Europe.

La volatilité, alimentée par les aléas politiques et la réduction de liquidité, n’en demeurera pas moins importante tout au long de ce nouveau millésime. Afin de limiter ces risques, nous privilégions les actifs liquides présentant une forte visibilité sur la croissance de leurs résultats et la capacité à maintenir à minima leurs niveaux de dividendes.

Rédigé le 11 janvier 2019